SOLENNITE de la TOUSSAINT

La foi, votre foi est libre dans l’acte qui l’exprime mais elle n’est pas libre dans la formulation quand celle-ci a été définie avec autorité par l’Eglise. Vous n’avez pas la foi catholique et romaine si vous n’adhérez pas au contenu de la foi, au credo, c’est à dire à la synthèse schématique des vérités de la foi.
Nous affirmons croire à la résurrection de la chair et à la vie éternelle, qu’est-ce à dire ?
J’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir, disons-nous chaque dimanche, qu’est-ce que cela signifie ?
Avouons que nous n’aimons ni y penser ni en parler ; pris par nos tâches et occupations quotidiennes, bien installés dans la vie, adaptés rigoureusement à ce monde, à sa durée, à ses lois, à ses limites, nous pensons et agissons comme si nous ne devions jamais mourir. Il n’empêche que tout être humain, naturellement, meurt.
Nous sommes seulement de passage sur cette terre, notre demeure définitive c’est ce que nous appelons le ciel, c’est ce monde mystérieux vers lequel nous allons tous…
Car, il y a un autre monde, son temps n’est pas notre temps, son espace n’est pas notre espace, mais, il est. On ne peut le situer, ni le localiser en aucun lieu de notre univers sensible. Ses lois ne sont pas nos lois, mais il est.
Plus beau que ce que nous appelons la beauté, plus lumineux que ce que nous appelons la lumière, il est d’une plénitude et d’une densité prodigieuses. C’est un monde sans vide. On ne peut guère en parler que par images même si elles sont impuissantes à rendre compte de sa richesse et de son éclat. Cet autre monde est la réalité même et c’est vers lui que nous allons tous.
En lui, il y a foule immense depuis Abel le juste, en passant par Abraham, les prophètes et les rois, les patriarches, Moïse, David, tous ces justes de l’ancienne Alliance qui ont prié, pleuré, désiré et attendu la venue du Messie sur cette terre.
Il y a Marie, chef d’œuvre de Dieu, il y a tous les apôtres, tous les saints de la nouvelle Alliance, qui, depuis deux mille ans ont aimé et suivi le christ, notre Roi.
En lui, nous retrouverons tous ceux que nous disons avoir perdus, alors qu'ils sont au contraire sauvés, vivants, ressuscités, glorifiés. Ce n’est pas en une forme palote et éthérée que nous entrerons, mais en plein cœur de la vie même et nous y ferons l’expérience de cette joie inouïe qu’est le face à face avec Dieu.
En ce jour de Toussaint, ayez une pensée pour ce ciel vers qui, obscurément mais réellement, nous sommes tous en chemin. L’être humain qui vient de l’Amour retourne à l’Amour, par la foi et par l’espérance, à travers la souffrance et la mort et cela rien ne peut l’empêcher.

La mort est un clin d’œil : mourir, c’est se séparer du temps qui passe et de l’histoire du monde et des hommes. C’est fermer les yeux sur ce monde-ci et les ouvrir en même temps sur ce ciel où nous sommes attendus. Par la résurrection , étincelant cadeau de Dieu, nous entrerons dans l’éternel Présent de Dieu, dans ce monde éternel qui ne connaît ni usure ni vieillissement. Sur cette terre demeurera notre dépouille mortelle mais tout notre être profond, tout ce que nous sommes, cela est promis à un bel avenir.
Laissons Dieu nous apprivoiser, nous préparer, nous consoler. Il l’a promis : Il essuiera toute larme de nos yeux. Les saints sont le peuple immense de ceux qui ont aimé et cherché Dieu. Ils sont ceux qui ont mis en musique, dans leur vie terrestre les Béatitudes que nous avons entendu tout à l’heure.
D’avance, réjouissons-nous, un jour, nous serons de la fête. Connaître Dieu et le servir ici-bas, c’est déjà la Vie éternelle. A peine achevé, le prélude terrestre, s’accomplit la promesse. Vive Dieu et tous ses saints, nos frères aînés. AMEN
HOMELIE du Père Bertrand,
prêtre de NEVERS, Toussaint 2006